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Histoire du Manoir de la Vallée

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 ( Extrait  de «Histoire de la Ville et du Château de
La Chartre», par l’Abbé L.J. Denis, publié en 1901 )

Le plus important des fiefs qui autrefois existaient sur le territoire de La Chartre était celui de LA VALLÉE, situé dans la paroisse de Châtillon, à un kilomètre de la ville, sur la route de Montoire. Son logis seigneurial, antique construction du XVIe siècle, est encore conservé dans son état primitif. On l’aperçoit de fort loin se découpant élancé, au sommet de la colline qui côtoie la route.
La situation de ce manoir le rendait inexpugnable et en faisait un observatoire de premier ordre pour surveiller la plaine, une menace perpétuelle ou bien une protection assurée pour la ville suivant que ses propriétaires en étaient ennemis ou amis. Très certainement cette situation fut utilisée au cours des guerres du XVIe siècle. On constate à la base même du manoir l’existence d’un souterrain, véritable fo
Entrée coté nord
Entrée coté nord
rteresse creusée dans le rocher, qui a évidemment joué un grand rôle à cette époque. De La Vallée, on communiquait avec ce souterrain par le moyen d’un puits (A) dont l’orifice inférieur débouchait à la voûte d’une large salle ,à l’angle de laquelle se trouve, du côté de la plaine une chambre circulaire, percée à ses parois de meurtrières disposées sur trois lignes.

Meutrières disposées sur 3 lignes, chambre de tir en bas a droite sur le plan.
Meutrières disposées sur 3 lignes, chambre de tir en bas a droite sur le plan.

Intérieur de la "Cave aux boulets" le pilier central se trouve au milieu du plan.
Intérieur de la "Cave aux boulets" le pilier central se trouve au milieu du plan.

Plan selon l'Abbé Denis (1901)
Plan selon l'Abbé Denis (1901)

Le fief de La Vallée appartenait dès le XVIe siècle à la famille Le Gantier.
Jehan I Le Gantier, écuyer, est dit seigneur de La Vallée dans un acte du 4 juillet 1533. Son épouse se nommait Jehanne d’Aron , leurs enfants furent:
1. Jehan Il Le Gantier, qui suit; 2. Régnée Le Gantier; 3. Jacques Le Gantier; 4. Jehanne Le Gantier;
5. Jacques Le Gantier fut baptisé à Châtillon le 30 août 1535. Il eut pour parrain «noble homme Jacques de La Chénuère et noble seigneur de Loiré et pour marraine Madame de La Possonnière  ».
Jehan Il Le Gantier, écuyer seigneur de La Vallée dès 1572, épousa Jehanne d’Allexandrie. Il mourut le 23 septembre 1614, «âgé de quatre vingt sept ans et fut ensepulturé le 25 dedans le chanceau de l’église de Châtillon». Son épouse, qui l’avait prècédé dans la tombe, était décédé le 17 avril 1602 et avait été enterrée au même endroit le surlendemain.
De leur alliance, étaient issus :
1. Marguerite Le Gantier, née vers 1566
2. Jacques Le Gantier, qui suit
3. Symonne Le Gantier qui épousa à Châtillon le 4 février 1591, «noble Charles d’Eschelles, escuyer, fils de Monsieur du Paty. »
4. Jacqueline Le Gantier;
5. Claude Le Gantier;
6. Charlotte Le Gantier, damoiselle de La Guilloiserie. Elle reçut le baptême en l’église de Châtillon, le 27 décembre 1574, et épousa en la même église, le 2 novembre 1596, Raoul de Blanchecotte, sieur de la Meneurie, de la paroisse des Hermites.
Jehan Il Le Gantier eut en outre de Perrine, fille de Jehan Véron, un fils bâtard qui fut nommé Jehan et reçut le baptême à La Madeleine de La Chartre, le 27 juillet 1584 . 
Jacques Le Gantier, écuyer, seigneur de Rasné (1588) et de La Vallée (1614), obtint, le 19 de juin 1588, du prieur-curé de Châtillon «ung congé pour aller recevoir le sainct sacrement de mariage avec Marie Ligier de la paroisse Sainct-Pierre-de-La-Court du Mans.» Le seigneur de La Vallée mourut le 20 décembre 1630 et fut enterré le lendemain «dedans le chanceau de l’église.
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Le jour de sa sépulture les naiges estoient tellement haultes que falloit que des hommes fissent des rottes avec des pelles de puys de La Vallée jusques à Châtillon pour apporter le corps».
Marie Liger, sa veuve, fut inhumée le 10 novembre 1631 «devant l’image de Nostre-Dame ainsy qu’elle l’avoit désiré par son testament et dernière volonté ».

Les enfants de Jacques Le Gantier et de Marie Liger   furent:
1. Marguerite Le Gantier, baptisée à Châtillon, le 29 juin 1589.
2. Louis Le Gantier, qui suit; 
3. Pierre Le Gantier, écuyer, seigneur de Beauregard (1606) et de Rasné (1634), qui reçut le baptême à Châtillon le 16 juillet 1597. 
Par acte attesté de maître Etienne Jouzeau, notaire à Lhomme, le 10 février 1633, Pierre Le Gantier vendit à René Cartereau, vigneron, demeurant à Marçon «une petite chambre de maison à cheminée avec une portion de jardin situés au lieu dies Caves, et une autre chambre de maison sans cheminée située au même lieu, le tout pour la somme die 90 livres tournois.»
Louis 1er Le Gantier, écuyer, seigneur de Rasné et de La Vallée (1619-1630), naquit en 1590 et fut baptisé sur les fonts de la paroisse de Châtillon le 19 juin de cette année. 
Le 26 août 1631, il bailla à René Guynier, à titre de ferme à moitié la métairie de Malitourne située en la paroisse de La Magdeleine, de La Chartre.
Il épousa, avant 1619, Elisabeth de La Barre, dont il eut:
1. Elisabeth Le Gantier, née le Il novembre 1621, et baptisée à Châtillon, le 29 août 1622 .
2. Louis Le Gantier, qui suit;
3. Valentine Le Gantier, baptisée sur les fonts de Châtillon, le 6 mars 1628.
4. Marie Le Gantier, née le 28 janvier 1629. et baptisée à Châtillon. le 2 avril suivant..
5. René Le Gantier, écuyer, baptisé à Châtillon en mai 1631. Il eut une fille, Marie-Anne Le Gantier.
Louis II Le Gantier, écuyer, seigneur de La Vallée, naquit le 1er août 1623 et reçut le baptême le 21 septembre de la même année. Il épousa damoiselle Marguerite de Bongars qui, en 1667, était veuve et tutrice de ses enfants mineurs:
1. Claude Le Gantier, écuyer, seigneur de La Senerie (1686), fut parrain à Châtillon, le 16 juillet 1696, de Marie-Anne Maris dont sa cousine germaine Marie-Anne Le Gantier était marraine.
2. Jacques Le Gantier, écuyer, seigneur de Rasné qui demeurait à L’Aistre-Touzé, paroisse de Marçon, en 1689. Il s’unit en mariage avec Michelle Habert, veuve en premières noces de noble homme Jacques de Renusson, seigneur de Mobrais, fourrier de logis de Monsieur le duc d’Orléans. Le 10 janvier 1689. il assista à Saint Vincent de La Chartre au mariage que contracta, avec Jacques Rottier, seigneur du Plessis, Michelle Renusson. sa belle-fille. dont il était le curateur.
3. Hercules Le Gantier, décédé en 1686 ;
4. René Le Gantier, décédé aussi en 1686 ;
5. Jean-François Le Gantier, écuyer, seigneur de La Guilloiserie ;
6. Louis Le Gantier, écuyer, seigneur de Coussy qui, en 1686, demeurait «chez la demoiselle sa mère paroisse de Saint-Vincent de La Chartre» ;
7. Louise Le Gantier. Par acte attesté de Jean René Grélet, notaire à La Chartre, elle «bailla à titre de moitié pour le terme de trois ans à Jean Mauclerc, sieur de la Cochetière, fermier de la terre et seigneurie de La Vallée, et à Anne Becasseau, sa femme, une mère vache à poil caille lunez dans le front ». ‘
Demoiselle Marie de Bongars, «veuve de Louis Le Gantier, vivant sieur de la Vallée, demeurant parroisse de Chastillon de La Chartre, eslection de La Flèche, duché de Vendosme », comparut le 4 may 1667 devant les Commissaires royaux, chargés de la «recherche des usurpateurs du titre de noblesse» Elle leur déclara qu’elle entendait conserver «La qualité d’escuyer dudit deffunct son mary tant pour elle que pour ses enfants et ,dudit, defftunct son mary qui portoit pour armes: 

« De gueules à une bande d’argent et trois merlettes de mesmes, deux en chef et une en poincte ». 

En consequence elle produisit le 7 juin suivant les pièces justifiant la «Possession du titre de noblesse, dudit Louis Le Gantier, son mary depuis l’année 1537, commençant en la personne de son trisayeul ». 

 La terre de La Vallée fut saisie en 1707, et Jacques Hurteloup en fut nommé fermier judiciaire.

( Fin de citation de L'Abbé Denis)
Armoiries de la famille Le Gantier
Armoiries de la famille Le Gantier

L' histoire du Manoir nous est moins connue au XVIII et XIXème siècle, mais au début du XXème siècle d'important travaux de restauration furent entrepris. En effectuant des fouilles il a été retrouvé plusieurs boulets de canons.

Photo probablement début 20ème siècle, remarquez la grange au fond, aujourdh'ui disparue.
Photo probablement début 20ème siècle, remarquez la grange au fond, aujourdh'ui disparue.



En effectuant des travaux pour creuser l'actuelle piscine, vers 1970, un souterrain fut découvert. Celui-ci creusé en pleine terre, et non pas dans le tuffeau comme l'est la cave aux boulets, ne peut être qu'une voie d'échappement, car il a juste la largeur et la hauteur pour le passage d'une personne (1.60 m environ).

Coupure de presse vers 1970, cliquez pour agrandir
Coupure de presse vers 1970, cliquez pour agrandir


Malgré les fouilles effectuées, il n'a pas été possible de déterminer l'endroit de son départ primitif, en effet il cesse brusquement a une quinzaine de mètres du Manoir, Il y avait peut-être là un bâtiment disparu.
Extremité du souterrain, decouverte du puit vertical
Extremité du souterrain, decouverte du puit vertical

 
Exploration du puit vertical
Exploration du puit vertical

L'autre extrémité communique avec la " Cave aux Boulets" par un puits vertical d'une dizaine de mètres, et continuait en direction des champs. Un éboulement, peut être causé par les passage des engins agricole ne nous permet pas de voir ou il se dirigeait.

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Il est possible que cela soit vers " La Borde aux Moines" ou il y avait une ferme remontant au IXème siecle, selon certain documents elle aurait été fondée par des moines envoyé par l'évêque, qui a laissé son nom au village " Les Roches l'Evêque" après Montoire sur la route de Vendôme.

Les moines demeurèrent en ces lieux jusqu'en 1574 ou Henri de Navarre, futur Henri IV, incendia leur ferme-monastère.
On peut se demander pourquoi il n'incendia pas le Manoir distant de 500 mètres, Il avait peut-être décidé d'y passer la nuit ?.

caméra miniature montée au bout d'un mat télescopique, pour exploration des galeries éboulées et des failles.

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Par la même occasion la plupart des fortifications, du château de la Chartre à celui de Lavardin, furent sapées,(
à l'époque on creusait sous une fortification en étayant avec du bois, qui une fois incendié provoquait la chute des murs) pour que leur possédant ne puissent plus se révolter contre l'autorité du nouveau roi, Henri IV.
 
Cela nous laisse l'occasion d'admirer  le demi-donjon de Lavardin, resté en l'état, qui est un exemple intéressant d'architecture médiévale.

Château de Lavardin
Château de Lavardin

 
Donjon de Lavardin
Donjon de Lavardin

La cheminée d'une des pièces du donjon
La cheminée d'une des pièces du donjon


Remarquez le siege de pierre, à coté de la fenêtre du haut.
Remarquez le siege de pierre, à coté de la fenêtre du haut.

 



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